L'Union européenne devrait envisager une suspension temporaire des règles relatives au déficit budgétaire si la guerre américano-israélienne contre l'Iran venait à reprendre, a déclaré jeudi la présidente du Conseil Giorgia Meloni devant le Parlement.
"Nous pensons que discuter d'une éventuelle suspension temporaire du pacte de stabilité et de croissance ne devrait pas être tabou. Il ne s'agirait pas d'une dérogation pour des États membres individuels, mais d'une mesure générale", a déclaré Giorgia Meloni.
Ses remarques interviennent quelques jours avant que le gouvernement n'annonce des révisions à la baisse de ses estimations de croissance du PIB pour 2026 et les années suivantes.
Ceci va compliquer la tâché de l'Italie dans sa volonté de ramener son déficit budgétaire sous la barre de 3% du PIB - qui est normalement le niveau maximum toléré par l'Union européenne - cette année.
L'UE a activé entre 2020 et 2023 une "clause d'exemption générale" afin de suspendre les règles budgétaires et de permettre aux États membres de faire face à la pandémie de COVID-19, qui avait bouleversé l'Europe et le monde avec ses confinements à répétition, la chute de l'activité économique ou encore la fermeture des frontières européennes.
Cette clause peut être invoquée en cas de grave ralentissement économique dans la zone euro ou dans l'ensemble de l'UE, ce qui n'est pas le scénario retenu à ce stade par les principaux instituts de prévision de la conjoncture.
L'Italie pourrait également activer une clause de dérogation nationale, permettant aux États membres de s'écarter des objectifs budgétaires convenus avec l'UE en réponse à des circonstances exceptionnelles indépendantes de leur volonté.
Le gouvernement a jusqu'à présent exclu de le faire tant que Rome fait l'objet d'une procédure pour déficit excessif.
Giorgia Meloni a également déclaré que son gouvernement était prêt à prendre toutes les mesures possibles pour prévenir d'éventuels comportements spéculatifs sur les prix de l'énergie, y compris l'instauration de taxes sur les bénéfices exceptionnels des entreprises énergétiques.
"L'Italie reste prête à prendre toutes les mesures possibles pour prévenir tout comportement spéculatif potentiel (sur les prix de l'énergie), y compris, si nécessaire, de nouvelles mesures concernant les bénéfices des entreprises énergétiques", a poursuivi la présidente du
Cette dernière, ainsi que son prédécesseur, Mario Draghi, ont adopté ces dernières années des taxes sur les bénéfices exceptionnels dans le secteur de l'énergie, ce qui a donné lieu à des litiges juridiques avec les entreprises concernées.
(Reportage d'Angelo Amante et Giuseppe Fonte ; Mara Vilcu pour la version francaise ; édité par Benoit Van Overstraeten)

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